Stérilisation anticipée

Sujet sensible qui fait parler et qui divise, notamment à cause des nombreux préjugés qui demeurent malgré 40 ans de pratique et de recul (notamment aux États-Unis).
Je vous propose de lire ce petit article concernant la stérilisation anticipée (ou dite « précoce »),
vous y trouverez les différentes raisons pour lesquelles je procède à ce type de stérilisation, ainsi que les avantages et inconvénients (basés sur des articles vétérinaires).

Sommaire :

1. L’élevage : sélection, éthique et responsabilité

2. Contrat de vente et stérilisation : les limites légales et clauses abusives

3. Les inconvénients et les avantages

1. L’élevage : sélection, éthique et responsabilité

L’élevage est un travail, il ne suffit pas de mettre un mâle et une femelle ensemble.
Être un éleveur (responsable), c’est :


Sélectionner ses reproducteurs avec rigueur
En tenant compte des origines, de la santé, du tempérament et de la conformité au standard de la race.
Je prête une grande attention à la qualité de mes reproducteurs, je ne souhaite donc pas voir ce travail défait…


Préserver et améliorer la race
En travaillant sur la génétique, la diversité des lignées et la qualité globale des générations futures.


Garantir la santé et le bien-être des chats
Par un suivi vétérinaire régulier, une alimentation adaptée et un environnement sain, sécurisé et stimulant.


Assurer la socialisation des chatons
En les habituant dès leur plus jeune âge à l’humain, aux bruits du quotidien et aux manipulations, afin d’en faire des chats équilibrés.


Respecter le rythme naturel des animaux
En limitant les portées, en laissant des temps de repos aux reproducteurs et en évitant toute surproduction.


Accompagner les futurs adoptants
En informant, conseillant et orientant chaque famille vers le chaton qui lui correspond le mieux.


Assurer un suivi avant et après l’adoption
En restant disponible pour répondre aux questions et accompagner le chat tout au long de sa vie.


Agir avec éthique, transparence et responsabilité
En expliquant ses pratiques, en respectant la réglementation et en plaçant toujours l’intérêt du chat au premier plan.
La stérilisation précoce permet donc de réguler les personnes qui tenteraient de s’improviser éleveurs… et qui pourraient avoir un comportement abusif envers leurs animaux ou même envers les adoptants.
Par ailleurs, je prête une grande attention à la qualité et à la santé de mes chats, je ne souhaite donc pas voir ce travail défait…

2. Contrat de vente et stérilisation : les limites légales et clauses abusives

Même si le chat est aujourd’hui reconnu comme un être vivant doué de sensibilité, la loi continue de le considérer comme un bien « meuble ». Une fois l’animal vendu, il appartient donc pleinement à son adoptant.

L’éleveur ne peut pas imposer légalement une castration ou une stérilisation après l’adoption.

En effet, l’article 544 du Code civil précise que « la propriété est le droit de jouir et de disposer des choses de la manière la plus absolue, pourvu qu’on n’en fasse pas un usage interdit par la loi ». Cela signifie que le propriétaire est libre de ses décisions, tant que l’animal est correctement traité et qu’aucune règle de protection animale n’est enfreinte.

Contrairement aux refuges ou associations de protection animale, qui peuvent fixer certaines obligations lors d’une adoption, les éleveurs ne peuvent pas contraindre légalement un adoptant par contrat.

Les clauses obligeant à castrer ou stériliser l’animal sont réputées nulles et non avenues. Cela n’empêche évidemment pas chacun de faire preuve de responsabilité et de respecter, par choix personnel, les recommandations de l’éleveur.

Certaines pratiques restent pourtant répandues et posent question. Par exemple, retenir le pédigrée jusqu’à la réception d’un justificatif de stérilisation n’est pas autorisé lorsque l’animal est vendu comme chat de race. Dès lors que la race est mentionnée, le pédigrée doit être remis avec le chat. Le vendre sans ce document peut être assimilé à une tromperie.
De la même manière, demander un chèque de caution pour s’assurer du respect de certaines conditions après la vente est également une pratique non autorisée, car elle revient à vouloir contrôler les choix de l’adoptant une fois l’animal devenu sa propriété.

Malgré cela, certains continuent ces pratiques, notamment pour des questions économiques (80 € à 200 € selon le sexe de l’animal et le vétérinaire), ou par simple préjugés, faisant alors prendre le risque de l’intervention à l’adoptant, sans aucun droit fondé.

Enfin, certains chats sont vendus « de type », sans demande de pédigrée ; on ne les considère donc pas comme de race. L’adoptant doit en être informé dès le départ. Cela n’empêche pas la reproduction. En revanche, cela peut nuire au suivi sérieux de la race, fausser les statistiques du LOOF et masquer l’absence de déclaration des portées, pourtant essentielle au contrôle du bien-être animal et au respect des obligations légales.

Ayant pour conviction d’être la plus transparente possible avec les adoptants de mes futurs chatons et de respecter la loi, je stérilise donc mes chatons avant tout départ. Surtout quand on trouve si peu de contre-indications, ce que vous pourrez voir dans la prochaine partie.

3. Les inconvénients et les avantages

Inconvénients :

Comme toute intervention chirurgicale, la stérilisation précoce n’est pas dénuée de risques. Ceux-ci restent toutefois rares lorsque l’opération est réalisée par un vétérinaire, dans de bonnes conditions et avec des protocoles adaptés à l’âge et au poids du chaton.
Les principaux risques sont essentiellement liés à l’anesthésie générale, comme pour toute chirurgie, ainsi qu’à la gestion de paramètres spécifiques chez le jeune animal (hypothermie, hypoglycémie). C’est pourquoi une surveillance attentive avant, pendant et après l’intervention est indispensable.
Ces risques doivent être connus et compris, mais ils ne sont ni spécifiques ni supérieurs à ceux d’une stérilisation réalisée plus tard, dès lors que les précautions nécessaires sont respectées.

Le chat doit faire au minimum 1 kilogramme afin d’éviter les problèmes opératoires et d’immunodépression. De par son poids et sa taille, le British (et le Ragdoll, race de ma mère) ne posent pas de problèmes : à 3 mois, ces chats pèsent généralement entre 1,5 kg et 2 kg.

Les avantages :

Aspects chirurgicaux et anesthésiques
L’intervention pratiquée chez un chaton jeune ne présente pas de difficulté particulière lorsque les précautions adaptées à l’âge sont respectées. Les protocoles anesthésiques actuels sont bien établis et permettent une prise en charge sécurisée.
Chez les très jeunes animaux, l’acte chirurgical est souvent plus rapide et moins invasif, avec une récupération généralement plus courte. Les complications post-opératoires sont peu fréquentes et tendent même à être moins nombreuses que lors d’une stérilisation réalisée à un âge plus avancé.

Effets sur la santé
Chez la femelle, la stérilisation avant la puberté permet de prévenir l’apparition précoce de troubles hormonaux et de pathologies de l’appareil reproducteur. Elle réduit de façon marquée la probabilité de développer des tumeurs mammaires, dont l’évolution est souvent grave.
Chez le mâle, certaines particularités anatomiques peuvent être observées après une castration précoce, sans que celles-ci n’entraînent une augmentation des maladies urinaires. Les troubles du bas appareil urinaire restent multifactoriels et dépendent davantage du mode de vie, de l’alimentation et du stress que de l’âge de la stérilisation.

Croissance et développement physique
La stérilisation précoce n’empêche pas une croissance normale. Les chats opérés avant la puberté peuvent continuer à grandir un peu plus longtemps, ce qui modifie parfois légèrement leur silhouette, sans incidence sur leur taille définitive.
Aucune augmentation du risque de fragilité osseuse ou de fractures n’a été mise en évidence chez ces animaux.

Comportement
L’absence d’influence hormonale à la puberté permet d’éviter l’apparition de comportements indésirables tels que le marquage urinaire, les vocalises liées aux chaleurs ou certaines formes d’agressivité.
Les chats stérilisés jeunes conservent généralement un tempérament stable, sociable et détendu. Aucun trouble comportemental majeur n’a été associé à la stérilisation précoce, même si une légère baisse de l’exploration peut être observée.

Poids et maladies métaboliques
La prise de poids parfois associée à la stérilisation dépend principalement de la gestion alimentaire et de l’activité physique. L’âge auquel l’intervention est réalisée n’influence pas significativement ce risque.
Certaines études suggèrent même une diminution de la fréquence de maladies chroniques comme le diabète ou certaines affections inflammatoires chez les chats stérilisés avant la puberté.

Enjeux de prévention et de protection animale
Au-delà des bénéfices individuels pour l’animal, la stérilisation précoce joue un rôle essentiel dans la prévention des portées non souhaitées. Elle constitue un levier important pour limiter la surpopulation féline et réduire le nombre d’abandons.

Expérience personnelle :

Avec ma mère, également éleveuse, nous nous sommes longtemps questionnées et renseignées sur ce sujet.
Nous avons donc lu de nombreux articles avant de sauter le pas et avons nous-mêmes désormais quelques années de recul, ma mère l’ayant mis en place pour son élevage.
Nos chatons sont stérilisés à 3 mois. Nous n’avons jamais constaté de désagréments : après l’opération, les chatons reprennent leur vie comme si de rien n’était, jouent, mangent, etc., dans les heures qui suivent l’intervention.
Les complications sont très rares avec un suivi approprié et de bonnes pratiques chirurgicales.
Voilà pour ce qui est de notre expérience, maintenant voici les inconvénients et les avantages de la stérilisation anticipée, basé sur des articles vétérinaires.

En conclusion

La stérilisation précoce est aujourd’hui une pratique réfléchie et encadrée, qui s’inscrit dans une démarche de bien-être animal et de responsabilité. Elle permet de prévenir de nombreux problèmes de santé et de comportement, tout en évitant les portées non désirées. Comme toute intervention, elle demande des précautions, mais lorsqu’elle est réalisée dans de bonnes conditions, elle présente très peu de contre-indications et de nombreux bénéfices, aussi bien pour le chat que pour sa future famille.

Sources :

Ladepecheveterinaire.com

Association Française du Ragdoll qui ce sont eux-mêmes basés sur diverses études vétérinaires :

Etudes Université du Texas, 1997 & 2000.
Dr vétérinaire X. Lévy, ENVA Maisons Alfort (Howe, 1997), (Howe/Slater/Boothe, 2000), (Stubbs/Bloomberg/Scurggs, 1996)
Etude Minnesota University, 1996, Etude Texas University, 2000.
Etude Cornell University, 2004 & Mercer University, 2001.
Dr S. Little, Ottawa, Winn Feline Foundation.
Dr E. Malandain, ENVA Maisons Alfort, 2003.